Falling Woman (4:30)
« Falling Woman » est une vidéo en boucle montrant une femme prisonnière d'une chute sans fin. Cette chute symbolise un intérêt pour les représentations artificielles de l'inconscience, les rêves de chute interprétés comme une perte de contrôle, ou encore la peur et l'humiliation ressenties dans les rêves de nudité. Le vent, emporté par la chute, soulève la robe de la protagoniste, dissimulant simultanément son identité et exposant sa nudité, dans une sorte de flirt à la fois naturel et exploiteur avec la caméra. Autonomie et contrôle s'entrechoquent : la femme n'a ni sauté ni été poussée, et elle ne touchera jamais le sol. La vidéo se répète en boucle, la maintenant ainsi constamment au cœur d'une chute continue. La rencontre de ces instants se manifeste dans un ciel infini où l'on observe la frustration de la femme dans sa tentative d'atteindre le sublime. L'œuvre fait explicitement référence à des événements et des œuvres culturelles et artistiques, comme la farce photomontage d'Yves Klein, « Le Saut dans le vide », qui met en scène l'artiste sautant (ou peut-être volant) du haut d'un immeuble, ou encore la perte de contrôle dans les gestes humbles des œuvres en chute libre de Bas Jan Ader. Elle évoque la robe de Marilyn Monroe dans « Sept ans de réflexion » et les photos de paparazzi prises sous les jupes de jeunes stars comme Britney Spears et Paris Hilton, à leur sortie de voiture. L'œuvre aborde principalement l'influence du discours féministe sur ma pratique et mon positionnement. En référence à l'artiste féministe de la deuxième vague, Ana Mendieta, connue pour ses installations et performances in situ, notamment sa série emblématique « Sileuta », elle a imposé son corps à l'environnement en y imprimant ses contours, interrogeant la présence et l'absence de l'artiste dans son rôle genré. La série laissait présager sa mort prématurée et suspecte, survenue après une chute du 34e étage d'un immeuble à New York. Dans « Falling Woman », le corps demeure un champ de bataille où se mêlent désir et exploitation ; l'appropriation du regard d'autrui rend toute subjectivité inaccessible.




Le Mur